lundi 8 octobre 2018

“C'est la haine que l'on porte au bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.“
GUSTAVE FLAUBERT -
lettre à George Sand.


« Il y a deux sortes de lecteurs : ceux qui traversent les livres avec prudence et ceux qui, tout aussi prudemment, laissent les livres les traverser. » Douglas Jerrold

Faites confiance à ceux qui se dessaisissent, les plus sages parmi nous, à ceux qui descendent, qui laissent, qui peuvent mais ne font pas, aux détachés, à ceux qui cèdent le pas, aux pauvres et aux séparés.
Michel Serres (Variations sur le corps )

The Human Stain , Philip Roth
« Car nous sommes dans l'ignorance, n'est ce pas ? Il est de notoriété publique que ...
Qu'est ce qui fait que les choses se passent comme elles se passent ? Ce qui sous-tend l'anarchie des évènements qui s'enchainent, les incertitudes, les accrocs, l'absence d'unité,
les irrégularités choquantes qui caractérisent les liaisons. Personne n'en sait rien (...). A dire "il est de notoriété publique que", on ne fait qu'invoquer un cliché, que commencer à banaliser l'expérience, et ce qui est insupportable, c'est l'autorité sentencieuse des gens quand ils répètent ce cliché. Ce que nous savons, hors des clichés, c'est que personne ne sait rien.
On ne peut rien savoir. Même les choses que l'on sait, on ne les sait pas. Les intentions, les mobiles, la logique interne, le sens des actes ? C'est stupéfiant, ce que nous ne savons pas.
Et plus stupéfiant encore, ce qui passe pour savoir."



Nous prenons l'habitude de vivre avant d'acquérir celle de penser. Dans cette course qui nous précipite tous les jours un peu plus vers la mort, le corps garde cette avance irréparable.
(Le mythe de Sisyphe, Camus)


uteur: Ruwen Ogien
titre" La guerre aux pauvres commence à l'école" sur la morale laïque
Quatrième de couverture: Les ministres de l'éducation se succèdent, l'idée demeure: il serait urgent d'introduire à l'école un enseignement de morale. Non parce qu'il faudrait former, comme on en défendit longtemps l'idée, de bons patriotes prêts à tout sacrifier à la nation, mais parce qu'il faudrait contenir, discipliner, vaincre un ennemi intérieur, une classe dangereuse qui ne partagerait pas "les valeurs de la République".
Qui sont ces réfractaires? Pourquoi vouloir leur enseigner la morale? Et d'abord quelle morale? Pourquoi faudrait-il surtout qu'elle soit "laïque"?
Ruwen Ogien, dans ce nouvel ouvrage incisif et décapant, s'attaque à bien des idées reçues, révèle les lignes de force et les insuffisances d'une ambition profondément conservatrice: substituer à l'analyse des problèmes de notre temps en termes de justice sociale leur compréhension en tant que conflit de valeurs.
Ouvrage de philosophe, ouvrage d'intervention. Capital pour aborder sans préjugés ni précipitation, cette grande question de la morale à l'école.


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