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mardi 4 février 2020

photos de ma fille


 MINIA BIABIANY
DU 30 JANVIER AU 7 JUIN 2020

Dans la veine de l’exposition I Remember Earth, le MAGASIN des horizons poursuit l’exploration des pratiques artistiques qui touchent à l’écologie. En tramant poésie et politique, le centre d’art de Grenoble rend visible la conscience environnementale des artistes le plus souvent conjugués au féminin.
Avec l’exposition de l’artiste Minia Biabiany, il sera question de penser l’écologie au-delà de l’Occident plus précisément depuis le monde caribéen.
Son travail dans sa forme poétique et évanescente nous oblige à regarder fixement un impensé de notre histoire coloniale française qui perdure dans une sourde et pernicieuse violence.

expo super avec bande sonore qui vous emmène!

photos prises par mon artiste de fille





Chez nous vous voyez des gens mourir, en train d'être ensevelis sous les eaux, et qui sourient. Ca fait partie de nos vies. La dévastation fait partie de notre psyché. Les longues années de colonisation puis de dictature nous ont déformé.

Entretiens réalisés à Paris en Janvier 2016 
par Elise Domenach 
Débordement de Lav Diaz






 Notre système de colonisation consistant à ruiner l'arabe, à le dépouiller sans repos, à le poursuivre sans merci et à le faire crever de misère, nous verrons encore d'autres insurrections.
Au soleil 1884 Guy de Maupassant

mercredi 20 février 2019






Quelqu’un a écrit sur Twitter que la masse des GJ n'était pas vraiment antisémites mais plutôt indifférente. Axel Kahn commente  en évaluant que c'est l'indifférence autant que l'antisémitisme qui a tué 6 millions de juifs en 1941-1945.

Et une autre de mes amies de souligner que le jour où l'on arrivera à une solution juste pour le problème de l'occupation Israélienne cela désarmera beaucoup le ressentiment qui englobe aujourd'hui injustement tous les juifs. D'autant plus que beaucoup de juifs ne souscrivent pas à la politique israélienne.
Et c'est probablement vrai... Mais l'intitulé de la manif d'hier était positionnement contre le racisme ET l'antisémitisme. Les migrants ne viennent pas Israél, ils meurent par millier et la majorité des gens s'en moque pas mal, voire s'en arrange!!


Une dernière personne que je ne compte pas dans mes amis dit que :"cette dernière manif c'est: comment créer une polémique bidon au sein d'un mouvement pour l'étouffer de l'intérieur...
Mais pour moi, justement, ça ne fait pas polémique et depuis le début c'est un peu mon problème, ce mouvement soulève de vrais souffrances, mais en son sein c'est chaque un pour moi...
 La législation du travail dézinguée, personne ne bouge.
 Mon gazole augmente, tous à la rue.
 Des actes inadmissibles sont posés: dégradations, insultes antisémites, silence à nouveau.... Personne ne se dit clairement "contre"... 
La polémique n'est pas bidon et le mouvement ne s'étouffe ni de l’intérieur, ni de l’extérieur... Il n'avance pas trop non plus, à force de consensus... Parler de polémique bidon, refuser de se prononcer, ça me parait un peu facile.
 Le chacun pour soi ne mène pas là ou le "tous ensemble" pourrait.


En plus, ils se trompent de cibles, le gouvernement tout pourri qu'il est n'est pas pour autant le vrai soucis, le vrai soucis s'appelle pouvoir des multinationales... Mais les gentils gilets jaunes s'attaquent peu aux grosses enseignes et retournent bien gentiment au travail le lundi... Ce mouvement s'éteindra de lui même, ou pas, mais ne se donne pas les moyens d'aller quelque part.
Pendant ce temps la guerre et la haine, perdurent, le climat reste un enjeu et les multinationales se marrent, bien tranquilles dans leurs buildings climatisés, ils ne prennent pas les ronds-points, eux, ils appellent l'hélico

samedi 5 janvier 2019

Des femmes partout. Grand signe. Quand les femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte" : les mots de Jules Vallès sur les Communardes, en 1886

lundi 26 novembre 2018

souvenirs

Voilà... J'aime mon pays, ses couleurs, les valeurs de la république... J'aime même mon drapeau, mais je me méfie des mouvements de foule et de ce qu'un drapeau, au delà d'une union peut devenir un outil d'exclusion.. Monhomme a souhaité mettre un drapeau à la porte, il y est, néanmoins je nous souhaite en observation, plus qu'en mouvement... J'ai de la peine pour les victimes d'ici et d'ailleurs, du terrorisme, de la faim, du paludisme... du SIDA, du riche occident. J'ai du chagrin pour chacune de ces victimes, j'ai du chagrin pour tous les innocents arrachés par surprise et lâcheté à la vie et j'ai bien peur qu'un drapeau suffise à nous donner bonne conscience avant de, comme d'habitude, filer faire les courses.
Sans jamais rien remettre en question, nous ne guérirons ni du terrorisme ni de la violence du monde.
Nous ne voulons partager ni le travail, ni le fric, ni la terre, ni même la science et nos découvertes, nous entretenons la violence, d'ici et d'ailleurs, et s'afficher sous la bannière ne guérira pas le monde.
Toutes mes condoléances aux familles, mes vœux de rétablissement aux survivants, évidement c'est une tragédie que personne ne mérite, un drame qui mérite soutien et compassion... Et justement, réfléchissons,




Il ne s'agit pas d'ATTISER, il s'agit de RENFORCER...
Plus que la nation, c'est la république qui est attaquée...
Plutôt qu'un drapeau j'aurais aimé... en hommage...
SOYEZ FRATERNELS, aujourd'hui, rendez service, consolez, aidez...
Aujourd'hui et demain.
SOYEZ LIBRES, ce soir, ne regardez pas la télé, écrivez un truc fou, drôle, subversif, déambulez, fêtez, riez, provoquez, lâchez-prise et appliquez vous à être contagieux, aujourd'hui et demain.
SOYEZ DES OUVRIERS DE L’ÉGALITÉ... Offrez un livre qui vous a aidé à vivre, une aide à une association...Que sais-je... Repensez vos accès aux choses et soutenez le service publique, parce que si tout n'est pas parfait, l'égalité, elle, commence là.
Aujourd'hui et demain, redécouvrons notre devise, c'est elle qui est enviée, c'es elle qui fait notre force!

lundi 4 juin 2018






Jérôme Gautheret, du "Monde", a écrit :
Soumaila Sacko avait 29 ans, et vivait en Calabre. Militant syndical, en situation régulière, il vivait dans un camp de tentes, près de Gioia Tauro (j’y suis allé, c’est tout simplement indigne de l’Europe), et consacrait toute son énergie à défendre les maigres droits des clandestins esclavagisés dans les travaux agricoles, dans les environs. Il a été tue d’une balle dans la tête hier soir. 


Matteo Salvini l’a expliqué sur tous les tons ces dernières, et semble-t-il le message a été parfaitement entendu : « Pour les clandestins, la belle vie c’est fini ».

« Ne plus se hisser au-dessus des autres » Par André Gorz Septembre 1974




Evoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change.
La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans capitalistes pour que son acceptation par les puissances d’argent devienne une probabilité sérieuse. Alors mieux vaut, dès à présent, ne pas jouer à cache-cache : la lutte écologique n’est pas une fin en soi, c’est une étape. Elle peut créer des difficultés au capitalisme et l’obliger à changer ; mais quand, après avoir longtemps résisté par la force et la ruse, il cédera finalement parce que l’impasse écologique sera devenue inéluctable, il intégrera cette contrainte comme il a intégré toutes les autres.





C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et, par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Réforme ou révolution ?
Ne répondez surtout pas que cette question est secondaire et que l’important, c’est de ne pas saloper la planète au point qu’elle devienne inhabitable. Car la survie non plus n’est pas une fin en soi : vaut-il la peine de survivre [comme se le demande Ivan Illich], dans « un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition » ? (...)


Il vaut mieux tenter de définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. Et il vaut mieux essayer de prévoir comment le capitalisme sera affecté et changé par les contraintes écologiques, que de croire que celles-ci provoqueront sa disparition, sans plus.
Mais d’abord, qu’est-ce, en termes économiques, qu’une contrainte écologique ? Prenez par exemple les gigantesques complexes chimiques de la vallée du Rhin, à Ludwigshafen (Basf), à Leverkusen (Bayer) ou Rotterdam (Akzo). Chaque complexe combine les facteurs suivants :
— des ressources naturelles (air, eau, minéraux) qui passaient jusqu’ici pour gratuites parce qu’elles n’avaient pas à être reproduites (remplacées) ;
— des moyens de production (machines, bâtiments), qui sont du capital immobilisé, qui s’usent et dont il faut donc assurer le remplacement (la reproduction), de préférence par des moyens plus puissants et plus efficaces, donnant à la firme un avantage sur ses concurrents ;
— de la force de travail humaine qui, elle aussi, demande à être reproduite (il faut nourrir, soigner, loger, éduquer les travailleurs).
En économie capitaliste, la combinaison de ces facteurs, au sein du processus de production, a pour but dominant le maximum de profit possible (ce qui, pour une firme soucieuse de son avenir, signifie aussi : le maximum de puissance, donc d’investissements, de présence sur le marché mondial). La recherche de ce but retentit profondément sur la façon dont les différents facteurs sont combinés et sur l’importance relative qui est donnée à chacun d’eux.
La firme, par exemple, ne se demande jamais comment faire pour que le travail soit le plus plaisant, pour que l’usine ménage au mieux les équilibres naturels et l’espace de vie des gens, pour que ses produits servent les fins que se donnent les communautés humaines. (...)

Mais voici que, dans la vallée du Rhin notamment, l’entassement humain, la pollution de l’air et de l’eau ont atteint un degré tel que l’industrie chimique, pour continuer de croître ou même seulement de fonctionner, se voit obligée de filtrer ses fumées et ses effluents, c’est-à-dire de reproduire des conditions et des ressources qui, jusqu’ici, passaient pour « naturelles » et gratuites. Cette nécessité de reproduire l’environnement va avoir des incidences évidentes : il faut investir dans la dépollution, donc accroître la masse des capitaux immobilisés ; il faut ensuite assurer l’amortissement (la reproduction) des installations d’épuration ; et le produit de celles-ci (la propreté relative de l’air et de l’eau) ne peut être vendu avec profit.
Il y a, en somme, augmentation simultanée du poids du capital investi (de la « composition organique »), du coût de reproduction de celui-ci et des coûts de production, sans augmentation correspondante des ventes. Par conséquent, de deux choses l’une : ou bien le taux de profit baisse, ou bien le prix des produits augmente. La firme cherchera évidemment à relever ses prix de vente. Mais elle ne s’en tirera pas aussi facilement : toutes les autres firmes polluantes (cimenteries, métallurgie, sidérurgie, etc.) chercheront, elles aussi, à faire payer leurs produits plus cher par le consommateur final. La prise en compte des exigences écologiques aura finalement cette conséquence : les prix tendront à augmenter plus vite que les salaires réels, le pouvoir d’achat populaire sera donc comprimé et tout se passera comme si le coût de la dépollution était prélevé sur les ressources dont disposent les gens pour acheter des marchandises.
La production de celles-ci tendra donc à stagner ou à baisser ; les tendances à la récession ou à la crise s’en trouveront aggravées. Et ce recul de la croissance et de la production qui, dans un autre système, aurait pu être un bien (moins de voitures, moins de bruit, plus d’air, des journées de travail plus courtes, etc.), aura des effets entièrement négatifs : les productions polluantes deviendront des biens de luxe, inaccessibles à la masse, sans cesser d’être à la portée des privilégiés ; les inégalités se creuseront ; les pauvres deviendront relativement plus pauvres et les riches plus riches.
La prise en compte des coûts écologiques aura, en somme, les mêmes effets sociaux et économiques que la crise pétrolière. Et le capitalisme, loin de succomber à la crise, la gérera comme il l’a toujours fait : des groupes financiers bien placés profiteront des difficultés de groupes rivaux pour les absorber à bas prix et étendre leur mainmise sur l’économie. Le pouvoir central renforcera son contrôle sur la société : des technocrates calculeront des normes « optimales » de dépollution et de production, édicteront des réglementations, étendront les domaines de « vie programmée » et le champ d’activité des appareils de répression. (...)

Direz-vous que rien de tout cela n’est inévitable ? Sans doute. Mais c’est bien ainsi que les choses risquent de se passer si le capitalisme est contraint de prendre en compte les coûts écologiques sans qu’une attaque politique, lancée à tous les niveaux, lui arrache la maîtrise des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de civilisation. Car les partisans de la croissance ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel modèle de consommation, fondés sur l’inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l’actuel mode de production, il n’est pas possible de limiter ou de bloquer la croissance tout en répartissant plus équitablement les biens disponibles.
Tant qu’on raisonnera dans les limites de cette civilisation inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la promesse — pourtant entièrement illusoire — qu’ils cesseront un jour d’être « sous-privilégiés », et la non-croissance comme leur condamnation à la médiocrité sans espoir. Aussi n’est-ce pas tant à la croissance qu’il faut s’attaquer qu’à la mystification qu’elle entretient, à la dynamique des besoins croissants et toujours frustrés sur laquelle elle repose, à la compétition qu’elle organise en incitant les individus à vouloir, chacun, se hisser « au-dessus » des autres. La devise de cette société pourrait être : Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as « mieux » que les autres.

Or c’est l’inverse qu’il faut affirmer pour rompre avec l’idéologie de la croissance : Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société sans privilège, il n’y a pas de pauvres.


Billets de banques redessinés par Stephanos