Philippe Meirieu s’est exprimé sur la question. Il a commencé par poser la question de savoir si tous étaient égaux devant la prise de parole. « Je voudrais faire deux séries de remarques. Rappeler que la prévention de la violence scolaire se joue déjà dans l’acte pédagogique au quotidien, puis rappeler que les valeurs que transmet l’école, ce sont celles du quotidien. L’école a pour mission de substituer aux rapports de force des relations fondées sur l’exigence de respect d’autrui. C’est parce qu’on libère les élèves de leur réactions primaires qu’on leur permet de passer à autre chose, ce n’est pas spontané. Libérer chacun de ses habitudes primaires, c’est aussi le libérer de cette accélération du temps, de cette pression de ces process technologiques. Et pour finir, je tiens à dire que je suis choqué de la violence de l’institution à l’égard des lycées professionnels, qui n’ont par exemple toujours pas de cours de philosophie. Ils ont une diminution des enseignements généraux, alors que ces enseignements leur permettent de devenir des citoyens dans une démocratie solidaire. » Il conclut cette table ronde sur la nécessité de recréer des établissements à taille humaine, de créer une école commune car « sans école commune, nous assisterons à une explosion des singularités, et finirons par détruire la maison commune. »

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