jeudi 8 février 2018

Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, – Il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.
Feuillets d’Hypnos (1946)


"Je continue à croire que ce monde n'a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c'est l'homme, parce qu'il est le seul être à exiger d'en avoir. "
A Camus
René Char, " Fureur et Mystère " (1948)
« Je veux oublier que l’on m’a contraint à devenir, pour combien de temps, un monstre d’injustice et d’intolérance, un simplificateur claquemuré, un personnage qui se désintéresse du sort de quiconque, qui ne se ligue pas avec lui pour abattre les chiens de l’enfer. »


Crime, Meyer Levin
Le récit se fonde sur un fait divers qui défraya la chronique dans les Années Folles. En 1924, deux étudiants surdoués issus de la riche bourgeoisie de Chicago assassinent un jeune garçon dans des circonstances qui vont faire frémir la prude Amérique. Les meurtriers, persuadés d’avoir commis un crime parfait (puisque parfaitement gratuit), multiplient les provocations à l’endroit de la police. Et se feront bêtement prendre. Meyer Levin, qui fréquentait à l’époque le même collège qu’eux et jouait les reporters d’occasion pour payer ses études, avait mené à leurs côtés son enquête dans l’ombre, essayant de « comprendre » ces deux esprits dévoyés… Publié trente ans après les faits, à l’heure où l’Amérique découvrait une nouvelle forme de violence (La Fureur de vivre est de 1955), Crime se vendra à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et sera traduit dans le monde entier – puis disparaîtra dans les coulisses de ce théâtre d’illusion où se font et se défont (provisoirement) les gloires. La critique l’avait salué comme un nouveau Crime et Châtiment. Sans aller jusque-là, on peut affirmer qu’il s’agit de l’un des récits « criminels » les moins convenus de la littérature de ce siècle. Crime de Meyer Levin, best-seller américain des années 50 (dont on tira un film avec Orson Welles) est à relire comme un classique. La critique avait salué sa récente réédition (Phébus, 1996) : un passage en collection au format de poche devrait lui valoir un nouveau lectorat. Composé à partir d’un fait-divers authentique qui défraya la chronique dans le Chicago des Années Folles, il propose une « mise en abîme » du mal, que notre siècle pourra toujours méditer avec profit.
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Mon avis à moi? Un formidable plaidoyer contre la peine de mort, une réflexion sur la follie, l'humanisme et la barbarie.




C'est la haine que l'on porte au bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.“
GUSTAVE FLAUBERT -
lettre à George Sand



« Il y a deux sortes de lecteurs : ceux qui traversent les livres avec prudence et ceux qui, tout aussi prudemment, laissent les livres les traverser. » Douglas Jerrold







“Les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s'ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel.“
ALBERT CAMUS - Conférence du 14 décembre 1957..



« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. »
Victor Hugo

"Accumule, puis distribue. Sois la partie du miroir de l'univers la plus dense, la plus utile et la moins apparente."
(René CHAR, Feuillets d'Hypnos)



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