vendredi 16 février 2018

"La plus grande économie qu'on puisse réaliser dans l'ordre de la pensée c'est d'accepter la non-intelligibilité du monde et de s'occuper de l'homme".
Albert Camus.

jeudi 15 février 2018

Marcus Malte et Zulma

Un écrivain des âmes blessées, des existences atypiques, des accidentés de la vie, beaux et en marge... Les passés incertains, les avenirs troubles, les vies souterraines.
Je suis une grande fan de Marcus Malte et particulièrement de celui-ci. 
Quatre nouvelles,
quatre électrochocs.



dimanche 11 février 2018

Ni peur ni haine, c'est là notre victoire!... Ni peur ni haine, c'est là notre victoire! Albert Camus

Je suis encore aujourd'hui bouleversée par l'assassinat du préfet Erignac, mon père et ses collègues ayant parfois fait l'objet de "kidnaping" dans l'exercice de leurs fonction, c'est dans ma chair que cela me touche, entre horreur colère désespoir et dégoût. Je compatis encore aujourd'hui au chagrin de la famille, triste de ce vide laissé, de cette douleur non réparable.
Néanmoins, à oublier les droits de l'homme nous ne feront que multiplier les violences et l'histoire est là pour nous rappeler que les sociétés humaines glissent assez facilement dans la barbarie. Ne cédons pas à l'émotion, ne la renions pas non plus. La France est le pays des droits de l'homme, ne versons pas dans la barbarie entraînes par la facilité et le surmédiatisation de nos émotions douloureuses. Restons vigilants ou nous sommes foutus.



je ne suis pas sure qu'il y ait du ridicule, la banalisation du mal pour contrer le mal fait fureur en ce moment... Films, bd, il faut tuer les méchants. Idem au PMU... Si c'est une maladresse elle n'en n'est pas moins un signe des temps. Inacceptable et démago.


 Ni peur ni haine, c'est là notre victoire!... Ni peur ni haine, c'est là notre victoire! Albert Camus 

jeudi 8 février 2018

Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, – Il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.
Feuillets d’Hypnos (1946)


"Je continue à croire que ce monde n'a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c'est l'homme, parce qu'il est le seul être à exiger d'en avoir. "
A Camus
René Char, " Fureur et Mystère " (1948)
« Je veux oublier que l’on m’a contraint à devenir, pour combien de temps, un monstre d’injustice et d’intolérance, un simplificateur claquemuré, un personnage qui se désintéresse du sort de quiconque, qui ne se ligue pas avec lui pour abattre les chiens de l’enfer. »


Crime, Meyer Levin
Le récit se fonde sur un fait divers qui défraya la chronique dans les Années Folles. En 1924, deux étudiants surdoués issus de la riche bourgeoisie de Chicago assassinent un jeune garçon dans des circonstances qui vont faire frémir la prude Amérique. Les meurtriers, persuadés d’avoir commis un crime parfait (puisque parfaitement gratuit), multiplient les provocations à l’endroit de la police. Et se feront bêtement prendre. Meyer Levin, qui fréquentait à l’époque le même collège qu’eux et jouait les reporters d’occasion pour payer ses études, avait mené à leurs côtés son enquête dans l’ombre, essayant de « comprendre » ces deux esprits dévoyés… Publié trente ans après les faits, à l’heure où l’Amérique découvrait une nouvelle forme de violence (La Fureur de vivre est de 1955), Crime se vendra à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et sera traduit dans le monde entier – puis disparaîtra dans les coulisses de ce théâtre d’illusion où se font et se défont (provisoirement) les gloires. La critique l’avait salué comme un nouveau Crime et Châtiment. Sans aller jusque-là, on peut affirmer qu’il s’agit de l’un des récits « criminels » les moins convenus de la littérature de ce siècle. Crime de Meyer Levin, best-seller américain des années 50 (dont on tira un film avec Orson Welles) est à relire comme un classique. La critique avait salué sa récente réédition (Phébus, 1996) : un passage en collection au format de poche devrait lui valoir un nouveau lectorat. Composé à partir d’un fait-divers authentique qui défraya la chronique dans le Chicago des Années Folles, il propose une « mise en abîme » du mal, que notre siècle pourra toujours méditer avec profit.
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Mon avis à moi? Un formidable plaidoyer contre la peine de mort, une réflexion sur la follie, l'humanisme et la barbarie.




C'est la haine que l'on porte au bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m'exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.“
GUSTAVE FLAUBERT -
lettre à George Sand



« Il y a deux sortes de lecteurs : ceux qui traversent les livres avec prudence et ceux qui, tout aussi prudemment, laissent les livres les traverser. » Douglas Jerrold







“Les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. Et, s'ils ont un parti à prendre en ce monde, ce ne peut être que celui d'une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne régnera plus le juge, mais le créateur, qu'il soit travailleur ou intellectuel.“
ALBERT CAMUS - Conférence du 14 décembre 1957..



« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. »
Victor Hugo

"Accumule, puis distribue. Sois la partie du miroir de l'univers la plus dense, la plus utile et la moins apparente."
(René CHAR, Feuillets d'Hypnos)



"Comme la démocratie, le totalitarisme se réclame de la pensée rationnelle et de la science. La démocratie ne se confond ni avec le colonialisme ni avec le communisme, et pourtant tous trois sont souvent animés par un esprit messianique."




-Bonne nuit et qu elle soit calme M TODOROV

mercredi 7 février 2018


Devant les gestes ou les manières d’un enfant ou d’un adolescent, n’a-t-on pas parfois le sentiment de revoir sa propre enfance, sa propre adolescence, et on le contemple alors avec bienveillance et inquiétude.
Le château blanc - Orhan Pamuk


Sans doute est-ce ce soir-là, en 1939, entre les deux guerres de mon adolescence, que j’ai pu, pour la première fois, il y en eut tant d’autres, depuis, et dans des circonstances tellement variées ! -, constater la sorte de bonheur, quasiment palpable, physique, que suscite dans le genre humain le fait de chanter en choeur. Parce que le coeur y est, probablement, qu’on y met du coeur.
Adieu, vive clarté - Jorge Semprun





Quarantaine : ne s'agirait-il pas au fond de la dernière adolescence ? Tout se remet en question, nous sommes surpris par certaines de nos fragilités, tout devient grave et, surtout, nous sommes de plus en plus indécis. Dernière chance, première chance, c'est pareil. C'est la conscience au bord d'un saut. Tout est passage, alors il faut passer.
La quarantaine, in Quinze lieux communs - Serge Bouchard


Les adolescences trop chastes font les vieillesses dissolues. Sans doute est-il plus facile de renoncer à ce que l'on a connu qu'à ce que l'on imagine.
Gide, Journal,1929, p. 909. - Gide



"- Dis donc tu me feras penser demain, j'ai une chose très importante à te dire.
- Quelle chose?
- Non. J'te la dirai demain matin.
- Mais pourquoi pas maintenant?
- Autrement tu n'pourrais pas dormir." ....
Truffaut
La communication paradoxale.










Un livre est une conversation et tout l'ensemble cependant un exercice de solitude. Je veux ici écarter l'anecdote personnelle, mais je repense souvent à ces nuits de mon adolescence, durant lesquelles je me battais avec le destin et découvrais dans les livres ce que je pouvait être une vie libre par opposition à celle que je subissais.


Carnets du vieil écrivain - Jean Guéhenno