dimanche 22 octobre 2017

samedi 21 octobre 2017

In Le point :
Quand le pouvoir manipule la langue, c'est qu'il veut changer la manière de penser de ses concitoyens. Une tentation totalitaire bien décodée par Orwell.
Par Sébastien Le Fol
Cette vilaine manie de l'État et des politiques de réécrire la langue française. Dans sa satire 1984, George Orwell a bien montré où cette manipulation pouvait mener avec sa géniale invention : la novlangue. La perversion de la langue engendre une métamorphose de la pensée. L'État totalitaire détruit des pans entiers du vocabulaire. Ainsi, le crime intellectuel devient impossible, car il n'existe plus de mots pour le commettre.
Parallèlement à son œuvre phare, Orwell a rédigé en 1946 un petit texte prophétique, « La politique et la langue anglaise »*. Nous serions bien inspirés de le relire à l'heure de la polémique sur l'écriture inclusive. Et, pour nous protéger de l'inflation de jargons produits par la technocratie, les pédagogistes de tout poil et les professeurs Tournesol des théories managériales.
« Prothèses verbales »
Orwell fustige la « décadence » de la langue anglaise. Non pas la langue dans son « usage littéraire », mais « en tant qu'instrument permettant d'exprimer la pensée ». Que constate l'essayiste ? « Le style moderne, estime-t-il, ne consiste pas à choisir des mots en fonction de leur sens ni à inventer des images pour rendre plus clair ce que l'on veut dire. Il consiste à agglutiner des paquets de mots prêts à l'emploi et à rendre le résultat présentable par de simples astuces de charlatans. »
Il égratigne le langage politique, « sans vie et imitatif », qui consiste en « euphémismes, pétitions de principe et imprécisions nébuleuses ». Son « catalogue d'escroqueries et de perversions du sens des mots » paraît avoir été écrit en 2017 ! On y trouve ce qu'il appelle des « prothèses verbales », comme « militer contre » ou « donner lieu à », dont l'objectif est l'élimination des verbes simples. Mais aussi le style prétentieux : on utilise des termes tels que « phénomène », « catégorique » ou « promouvoir » pour « déguiser des réflexions banales et donner un air d'impartialité scientifique à des jugements partisans ». Sans oublier les « métaphores éculées, qui ont perdu tout pouvoir évocateur et qui sont utilisées pour la seule raison qu'elles évitent aux gens la peine d'inventer eux-mêmes des phrases » : chanter sur tous les tons, prendre fait et cause pour, être au coude à coude avec…
Aujourd'hui encore, la régénération de la politique passe par une simplification du langage. « Ce qui importe avant tout, disait Orwell, c'est que le sens gouverne le choix des mots, et non l'inverse. » C'est le principe de la ligne claire contre l'obscurantisme totalitaire.


Le Point via mon ami François.
Abnousse Shalmani : "Avec l'écriture inclusive, on prend les femmes pour des connes !"
La féministe d'origine iranienne fustige un féminisme de plus en plus victimaire, puritain et séparatiste. Elle en appelle à la liberté plutôt qu'à la morale.
Propos recueillis par Thomas Mahler
Auteur (sans « e ») du passionnant Khomeyni, Sade et moi (Grasset, 2014), Abnousse Shalmani a fui le régime iranien pour venir en France et s'émanciper à travers la littérature libertine des Lumières. Au Point, elle explique pourquoi l'écriture inclusive, outre sa laideur, est une illusion et fustige un féminisme de plus en plus victimaire, séparatiste et puritain. Plutôt que l'intersectionnalité et les « safe spaces », l'écrivain (toujours sans « e ») invite à prendre la scandaleuse Colette comme boussole pour enfin arriver à l'égalité. Entretien sans fausse pudeur.
Le Point : Pourquoi, en tant que féministe, vous opposez-vous à l'écriture inclusive ? Un langage dans lequel les femmes seraient mieux représentées ne rendrait-il pas la société plus égalitaire ?
Abnousse Shalmani : Je ne crois pas que l'écriture inclusive représente mieux les femmes. Et encore moins qu'elle rende la société plus égalitaire. D'une part, d'autres langues – comme le persan ou le turc – n'ont ni masculin ni féminin et cela ne rend pas ces sociétés spécialement égalitaires. D'autre part, s'il existe un certain « déterminisme » du langage, il n'est pas assez conséquent pour, d'un coup de baguette magique, instaurer une égalité femme-homme. C'est la grande illusion. C'est le fantasme contre les faits.
Je ne veux pas d'un traitement de faveur, je ne veux pas de places réservées, je veux l'égalité.

etc etc à lire dans le journal "le Point".

jeudi 19 octobre 2017

méditation pour se détacher de ses pensées
Christophe André
respiration et pleine conscience
Christophe André





Lecture aux enfants de l'école, pas eu le temps de préparer... J'ai choisi au hasard un livre qui parle de travail, de licenciement, de concurrence au travail... Les enfants ont réagi, on voit sur le visage de la plupart que le sujet les touche, leur parle... en C.P.  Mais ouf, l'histoire finit bien, grâce aux enfants rencontrés sur la route et à leur sens de la justice et de la solidarité... Sur le coup je l'ai vécu comme une "cata", cette réaction, mais finalement, ce livre dont les enfants sont les héros était une bénédiction! Non, justice et solidarité ne sont pas ringards chez les petits, à l'inverse de de gentil et intellos chez les grands... Des mots valeurs transformés en insultes... Merci les mômes, vous êtes bel et bien notre avenir! Vous étiez fiers de vous identifier en solidaires et pour moi ce fut du baume au coeur!








vendredi 13 octobre 2017

Déclaration de Philippe Meyrieu, pédagogue :
"Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille "faisait des enfants", aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l'enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de "mauvais parents"...
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n'avons qu'à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l'émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d'achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.
Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école". Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l'impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l'expression même de l'intelligence, "l'inversion de la dispersion".
Dès lors que certains parents n'élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée."

lundi 9 octobre 2017

L’impatience est une ennemie en prison comme sur les bateaux, il n’y a pas d’espace suffisant pour le rythme précipité de cette émotion» p.42.
The Human Stain , Philip Roth
« Car nous sommes dans l'ignorance, n'est ce pas ? Il est de notoriété publique que ...
Qu'est ce qui fait que les choses se passent comme elles se passent ? Ce qui sous-tend l'anarchie des évènements qui s'enchainent, les incertitudes, les accrocs, l'absence d'unité,
les irrégularités choquantes qui caractérisent les liaisons. Personne n'en sait rien (...). A dire "il est de notoriété publique que", on ne fait qu'invoquer un cliché, que commencer à banaliser l'expérience, et ce qui est insupportable, c'est l'autorité sentencieuse des gens quand ils répètent ce cliché. Ce que nous savons, hors des clichés, c'est que personne ne sait rien.
On ne peut rien savoir. Même les choses que l'on sait, on ne les sait pas. Les intentions, les mobiles, la logique interne, le sens des actes ? C'est stupéfiant, ce que nous ne savons pas.
Et plus stupéfiant encore, ce qui passe pour savoir."
Ah oui, moi c'est Ce Nobel là qui m'avait laissé pantoise.
Modiano a laissé sur la route Roth et Kundera...
Surprise, non?
Si j'aime les trois, à regarder la globalité des œuvres je le suis un peu, surprise... Tant mieux pour la poésie, la douceur et la lenteur, qui ont gagné dans un siècle qui les maltraite ! 

samedi 7 octobre 2017

Pourrais-je un jour apprivoiser le bruit comme d'autres ont besoin d'apprivoiser le silence qui m'est, à moi, si cher.

dimanche 1 octobre 2017

http://www.pierrejourde.fr/

Je ne suis pas d'accord avec lui sur pleins de trucs, et je m'accorde le droit d'avoir des avis, même face à cet homme cultivé qui sait de quoi il parle,  visiblement nous n'avons pas toujours les mêmes goûts, mais l'originalité du propos m'enrichit incontestablement!




http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/