vendredi 14 juillet 2017

Piqué chez Bastoche:
« Bon, Monsieur J., les policiers nous ont expliqué ce qui s’était passé, pourquoi ils vous avaient conduit aux urgences psychiatriques… Apparemment vous auriez… attaqué un cycliste hier soir en lui jetant des pavés ?
_ Ah non c’est pas vrai, j’ai juste lancé une graine magique vers la lune parce que j’aime pas les types habillés en noir !
_ Euh…. Bon…. Vous êtes suivi par un psychiatre, déjà, ou pas ? »

***
_ « Non mais là, Docteur, ce que je voudrais, c'est aller me coucher pour retrouver ma moitié.
_ Votre... moitié ?
_ BAH OUI ! vous voyez bien que j'ai pas de tronc !
_ ... vous n'avez pas... de tronc.�...
_ BAH VOUS SAVEZ BIEN CE QUE C'EST QU'UN TRONC, NON ???�
_ Bien sûr, mais... le problème n'est pas vraiment là, à vrai dire. »
_ « Vous savez, je me sens perdue sans mon réveil, c'est un modèle très moderne de chez Sony, vous savez, c'en est un qui affiche toutes les minutes le jour, et il notifie tous les changements d'heures… à chaque fois !...�
_ Mmmmh... je... euh... comprends. Et… cela vous angoisse particulièrement ?
_ Bah y a de quoi, quand même, non ???
_ On… va voir ce qu’on peut faire pour vous aider. »


***

Ma collègue co-externe, ma très douce et très chère A. ; a, quant à elle, pu expérimenter les joies de la négociation « made in psychiatrie » avec les patients….
_ « Oh vas-y, signe-moi une perm’ de sortie, fais pas ta pute !
_ … PARDON ???
_ … Ah… s’cusez moi… faites pas votre pute, j’voulais dire… »
Comme quoi les règles de politesse et de bienséance sont de mise en tout lieu, et c’est pas cette chère Nat’ (De Rothschild) qui me contredira.

***

Quand vous avez à interroger un patient sur ses antécédents, il faut parfois savoir… s’adapter à son niveau cortical :
_ « Autre chose, sur le plan chirurgical ?
_ Ah, attendez… Y a quelques années j’ai fait… euh… une grossesse qu’était pas dans la terrine.
_ Une quoi ???
_ Une quoi… quoi ?
_ Ah !!!! vous voulez dire une grossesse extra-utérine, sans doute ?
_ Voilà ! c’est ça ! »


***
à savoir que le délire c'est ce qui rend la maladie et l'angoisse supportables, le délire est drôle, la souffrance ne l'est pas!
Bon, je sais, je parle d'amour...
Lorsque j'ai fait mes études, il fallait exercer une "neutralité bienveillante".
Alors, neutre ou bienveillant?
En psychiatrie ou on a un mot pour tout, on appelle cette contradiction une "injonction paradoxale", et ça rend fou!!!
Alors j'ai choisi: je ne serais pas neutre, mais je soumettrais chaque jour à l'équipe ce manque de neutralité...
Et l'équipe fera" tiers" un autre mots de la psychiatrie...
L'équipe m'empêchera d'aimer trop fort, trop mal...
Et je pense aux vu de mes notations et autres liaisons avec ChefS que ça fait plutôt de moi une bonne professionnelle.
C'est bon d'être libre. C'est bon d'aimer!

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