mardi 4 avril 2017

« Jadis j’étais un enfant… il y a deux ans de cela ;
cette enfance aspirait à d’autres mondes.
Je ne suis plus un enfant : j’ai vu la pourpre,
à présent je suis un adulte, j’ai appris à connaître la mort,
ce mot sanglant et ce jour gâché.
Ce n’est plus simplement le croque-mitaine ! »
Terezín, Hanuš Hachenburg (13 ans)


Le « camp-ghetto » de Terezin fut actif pendant trois ans et demi, du 24 novembre 1941 au 9 mai 1945, et remplissait trois fonctions :
1) Un camp de transit pour les Juifs tchèques déportés vers les centres de mise à mort, les camps de concentration ou de travaux forcés sur les territoires occupés de Pologne, de Biélorussie et des États baltes.
2) Un ghetto-camp de travail où les SS déportaient et incarcéraient certaines catégories de Juifs allemands, autrichiens et tchèques, définies selon l'âge, un handicap dû à un passé militaire, ou une certaine renommée artistique et culturelle chez eux. Il s'agissait ensuite de dissimuler l'annihilation physique des Juifs déportés de tout le Reich. Pour cela, le régime nazi faisait croire, notamment en Allemagne même, qu'ils allaient être déplacés vers l'est et utilisés comme main-d'œuvre. Ce scénario ne fonctionnant pas pour une population âgée, c'est Terezin qui servait à cacher la nature des déportations.
3) Un lieu où parquer les Juifs des groupes définis ci-dessus. On espérait que les mauvaises conditions de vie du camp précipiteraient le décès de nombre d'entre eux, puis que les SS et la police déporteraient les survivants dans des centres de mise à mort, à l'est.
Ni vraiment un ghetto, ni un camp de concentration à proprement parler, même si on en retrouve des caractéristiques, Terezin servait de « colonie », de camp de rassemblement. En tant qu'outil pour faire illusion, ce lieu est unique.

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