jeudi 21 septembre 2017

" Aussi longtemps qu'on fréquente la poésie, on ne risque pas le vide intérieur . "
Emil Cioran

lundi 18 septembre 2017

Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, – Il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.
Feuillets d’Hypnos (1946)
René Char




Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté.

Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté.
Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.

vendredi 15 septembre 2017

Un papa ça aide à grandir, merci au mien  pour ces photos émouvantes. Mon dieu, lui que j'aime tant et depuis si longtemps, je ne l'avais jamais imaginé en terre... C'était une info sue mais inimaginable.  Camus ne peut être que debout, vaillant, combatif, vivant!  
 
un effet secondaire de l'invincible été.


 A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d’un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu’on ne peut tromper longtemps sans que l’être se dessèche, je veux dire aimer et admirer.
Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’opposer l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.







dimanche 10 septembre 2017

dimanche 3 septembre 2017



Les écoles ont cessé d'être des lieux d'étude de la vérité pour devenir des usines à produire des pièces détachées pour la machine économique.
Kodo Sawaki.
"Les plus riches ont décidé de nous faire une guerre.. leur indifférence est totale. Si tu leur dis qu'en Espagne, à 60 ans, on peut être obligé de travailler pour 2,60€ de l'heure, ils s'en foutent... ils sont déjà prêts pour ce monde là. Dans leur tête c'est réglé : pour les pauvres, ça va être très dur, et ils s'en tamponnent. On vivra entre riches dans des mini bulles bunkers. Tant pis pour les crevards. J'ai eu longtemps l'impression que les riches ne se rendaient pas compte, mais là je pense que c'est pire : c'est concerté, c'est ce qu'ils veulent, que les gens s'enfoncent dans une misère noire. Ils ne voient pas le travailleur comme un être humain mais comme un problème à gérer." ...
( V. Despentes )