visions
mercredi 6 juillet 2022
lundi 19 juillet 2021
mercredi 14 juillet 2021
Après la route,
Après la lecture de" la route',
plus exactement et pour ne plagier aucun titre... Je suis enfin persuadée que nous sommes tous succeptibles de devenir un jour, selon les circonstances, de véritables salopards!!!
Terminé l'angelisme. Je trimbalais cette idée depuis des décennies, cela restait très "intellectualisé", théorique...
Mon grand-père était maquisard, ça ne faisait pas de nous une "grande" famille... Il s'agissait de son courage, son mérite à lui, pas du notre, encore moins du mien...
Je suis persuadée depuis que je suis devenue mère qu'être collabo, par peur, par faiblesse, avec la bonne excuse de ne pas mettre mes enfants en dangers , m'était possible, peut-être même probable... (La majeure partie des résistants mais pas la totalité il est vrai était de très jeunes hommes sans enfants.) Avoir des enfants c'est devenir fort et faible à la fois!!! A moins que ça ne soit voir ses faiblesses soulignées?
Que deviendraient mes bons principes si la situation était vraiment critique, s'il s'agissait de survie...
Depuis que j'ai lu la route, ça n'est plus théorique, je le sens dans mes tripes, dans mes bouffées d'angoisses, dans mes rêves... Oui, je suis certaine maintenant que pour survivre je serais capable de tuer! Madame n'a pas la moindre éducation? Ou alors l'éducation est plus un vernis qu'une fondation? J'étais il y a peu persuadée du contraire...
Je le savais, l'homme est un loup pour l'homme, un sociologue au moins a écrit un livre sur ces tribus amazoniennes agonisantes où les parents sont capables d'enlever le pain de la bouche de leur progéniture afin d'assurer leur propre survie.
Oui, mais tout cela restait écrit, un présupposé, une élucubration, une théorie, une probabilité.
Cormac McCarthy en a fait, pour moi, un ressentit, une certitude.
Et ça fout la trouille!
J'espère pouvoir aller voir le film, mais les résumés que j'en lis me promettent une déception... On dit de ce film qu'il est un film d'anticipation. A mon sens, un des mérites de l'écrivain est justement que rien n'était daté, rien n'est nommé, ce qui rend je trouve cette histoire, sa barbarie et ses espoirs bien plus universels!
Saint-Luc, tu as sans doute raison, lorsque l'on lit un livre qu'on aime VRAIMENT, on a envie de le partager... Je ne me souviens pas de livre que j'ai aimé autant, que j'ai eu à ce point envie de partager, de ne pas taire...
___________________________________________________
Le titre: La route.
L'auteur: Cormac Mac Carthy
Quatrième de couverture:
L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie. Cormac Mac Carthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l'extrême.
Pour moi, l'histoire d'une peur séculaire, la perte de la lumière, de la chaleur... Est-ce que le soleil pourrait, un matin, ne pas se lever?
Moi qui adore la pluie, j'ai depuis huit jours moult angoisses lorsqu'il fait gris...
Une étrange métaphore filée entre ce père qui lutte et les arbres qui tombent petit à petit, au fil des années.
Et une très belle histoire de transmission, de relais offert, de relais pris, entre un père et son fils.
Même si on parle beaucoup de barbarie, de cruauté, de catastrophe, j'ai lu avant tout l'histoire d'un père transmettant des valeurs à un fils qui se les appropries...
C'est une très belle histoire, marquante, sacrément marquante... Si le moral n'est pas au triple beau fixe, abstenez vous, ce livre laisse des traces!
Mais tout est à prendre:
mardi 7 juillet 2020
"Au lever du jour, un rabbin demande à ses étudiants: “Comment reconnaître le moment où la nuit s'achève et le jour se lève ?
- Lorsque l'on peut distinguer un mouton d'un loup, répondit un étudiant.
- Non, ce n'est pas la réponse, dit le rabbin.
- Non, ce n'est pas la réponse, dit le rabbin.
- Quand on peut faire la différence entre un figuier et un olivier, suggéra un autre.
- Non, ce n'est pas la réponse, dit le rabbin.
- Non, ce n'est pas la réponse, dit le rabbin.
- Alors comment, demandèrent les étudiants en choeur ?
- Au moment où, voyant un inconnu, nous reconnaissons en lui un frère, alors le jour se lève et la nuit prend fin.”
dimanche 12 avril 2020
dimanche 5 avril 2020
‘’Je suis né en bonne santé dans les bras d’une civilisation mourante, et tout au long de mon existence, j’ai eu le sentiment de survivre, sans mérite ni culpabilité, quand tant de choses, autour de moi, tombaient en ruine ; comme ces personnages de film qui traversent des rues où tous les murs s’écroulent, et qui sortent pourtant indemnes, en secouant la poussière de leurs habits, tandis que derrière eux la ville entière n’est plus qu’un amoncèlement de gravats.
Tel a été mon triste privilège, dès le premier souffle. Mais c’est aussi, sans doute, une caractéristique de notre époque si on la compare à celles qui l’ont précédée. Autrefois, les hommes avaient le sentiment d’être éphémères dans un monde immuable ; on vivait sur les terres où avaient vécu ses parents, on travaillait comme ils avaient travaillé, on se soignait comme ils s’étaient soignés, on s’instruisait comme ils s’étaient instruits, on priait de la même manière, on se déplaçait par les mêmes moyens. Mes quatre grands-parents et tous leurs ancêtres depuis douze générations sont nés sous la même dynastie ottomane, comment auraient-ils pu ne pas la croire éternelle ?
« De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier », soupiraient les philosophes français des Lumières en songeant à l’ordre social et à la monarchie de leur propre pays. Aujourd’hui, les roses pensantes que nous sommes vivent de plus en plus longtemps, et les jardiniers meurent. En l’espace d’une vie, on a le temps de voir disparaître des pays, des empires, des peuples, des langues, des civilisations.
L’humanité se métamorphose sous nos yeux. Jamais son aventure n’a été aussi prometteuse, ni aussi hasardeuse. Pour l’historien, le spectacle du monde est fascinant. Encore faut-il pouvoir s’accommoder de la détresse des siens et de ses propres inquiétudes.
C’est dans l’univers levantin que je suis né. Mais il est tellement oublié de nos jours que la plupart de mes contemporains ne doivent plus savoir à quoi je fais allusion.
Il est vrai qu’il n’y a jamais eu de nation portant ce nom. Lorsque certains livres parlent du Levant, son histoire reste imprécise, et sa géographie, mouvante – tout juste un archipel de cités marchandes, souvent côtières mais pas toujours, allant d’Alexandrie à Beyrouth, Tripoli, Alep ou Smyrne, et de Bagdad à Mossoul, Constantinople, Salonique, jusqu’à Odessa ou Sarajevo.
Tel que je l’emploie, ce vocable suranné désigne l’ensemble des lieux où les vieilles cultures de l’Orient méditerranéen ont fréquenté celles, plus jeunes, de l’Occident. De leur intimité a failli naître, pour tous les hommes, un avenir différent.
Je reviendrai plus longuement sur ce rendez-vous manqué, mais je dois en dire un mot dès à présent afin de préciser ma pensée : si les ressortissants des diverses nations et les adeptes des religions monothéistes avaient continué à vivre ensemble dans cette région du monde et réussi à accorder leurs destins, l’humanité entière aurait eu devant elle, pour l’inspirer et éclairer sa route, un modèle éloquent de coexistence harmonieuse et de prospérité. C’est malheureusement l’inverse qui s’est produit, c’est la détestation qui a prévalu, c’est l’incapacité de vivre ensemble qui est devenue la règle.
Les lumières du Levant se sont éteintes. Puis les ténèbres se sont propagées à travers la planète. Et, de mon point de vue, ce n’est pas simplement une coïncidence.’’
Tel a été mon triste privilège, dès le premier souffle. Mais c’est aussi, sans doute, une caractéristique de notre époque si on la compare à celles qui l’ont précédée. Autrefois, les hommes avaient le sentiment d’être éphémères dans un monde immuable ; on vivait sur les terres où avaient vécu ses parents, on travaillait comme ils avaient travaillé, on se soignait comme ils s’étaient soignés, on s’instruisait comme ils s’étaient instruits, on priait de la même manière, on se déplaçait par les mêmes moyens. Mes quatre grands-parents et tous leurs ancêtres depuis douze générations sont nés sous la même dynastie ottomane, comment auraient-ils pu ne pas la croire éternelle ?
« De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier », soupiraient les philosophes français des Lumières en songeant à l’ordre social et à la monarchie de leur propre pays. Aujourd’hui, les roses pensantes que nous sommes vivent de plus en plus longtemps, et les jardiniers meurent. En l’espace d’une vie, on a le temps de voir disparaître des pays, des empires, des peuples, des langues, des civilisations.
L’humanité se métamorphose sous nos yeux. Jamais son aventure n’a été aussi prometteuse, ni aussi hasardeuse. Pour l’historien, le spectacle du monde est fascinant. Encore faut-il pouvoir s’accommoder de la détresse des siens et de ses propres inquiétudes.
C’est dans l’univers levantin que je suis né. Mais il est tellement oublié de nos jours que la plupart de mes contemporains ne doivent plus savoir à quoi je fais allusion.
Il est vrai qu’il n’y a jamais eu de nation portant ce nom. Lorsque certains livres parlent du Levant, son histoire reste imprécise, et sa géographie, mouvante – tout juste un archipel de cités marchandes, souvent côtières mais pas toujours, allant d’Alexandrie à Beyrouth, Tripoli, Alep ou Smyrne, et de Bagdad à Mossoul, Constantinople, Salonique, jusqu’à Odessa ou Sarajevo.
Tel que je l’emploie, ce vocable suranné désigne l’ensemble des lieux où les vieilles cultures de l’Orient méditerranéen ont fréquenté celles, plus jeunes, de l’Occident. De leur intimité a failli naître, pour tous les hommes, un avenir différent.
Je reviendrai plus longuement sur ce rendez-vous manqué, mais je dois en dire un mot dès à présent afin de préciser ma pensée : si les ressortissants des diverses nations et les adeptes des religions monothéistes avaient continué à vivre ensemble dans cette région du monde et réussi à accorder leurs destins, l’humanité entière aurait eu devant elle, pour l’inspirer et éclairer sa route, un modèle éloquent de coexistence harmonieuse et de prospérité. C’est malheureusement l’inverse qui s’est produit, c’est la détestation qui a prévalu, c’est l’incapacité de vivre ensemble qui est devenue la règle.
Les lumières du Levant se sont éteintes. Puis les ténèbres se sont propagées à travers la planète. Et, de mon point de vue, ce n’est pas simplement une coïncidence.’’
samedi 4 avril 2020
Il y a des années, l'anthropologue Margaret Mead a été demandé par une étudiante ce qu'elle considérait comme le premier signe de civilisation dans une culture. L ' étudiant s'attendait à ce que Mead parle de poissons ou de pots d'argile ou de pierres de broyage.
Mais non L ' hydromel a dit que le premier signe de civilisation dans une culture ancienne était un fémur (la cuisse) qui avait été brisé puis guéri. Mead a expliqué que dans le royaume animal, si tu te casse la jambe, tu meurs. Vous ne pouvez pas fuir le danger, aller à la rivière pour boire un verre ou chasser pour manger. Vous êtes de la viande pour les bêtes qui rôdent. № animal survit à une jambe cassée assez longtemps pour que l'os guérisse.
Un fémur cassé qui a guéri est la preuve que quelqu'un a pris du temps pour rester avec celui qui est tombé, a lié la blessure, a porté la personne en sécurité et a soigné la personne par la récupération. Aider quelqu'un d'autre à travers la difficulté, c'est là où la civilisation commence, dit Mead
Nous sommes à notre meilleur quand nous servons les autres. Sois civilisé.
Ira Byock.
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Certains appellent ça de l'information. Je répète, Certains appellent ça de l'information.
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Un écrivain des âmes blessées, des existences atypiques, des accidentés de la vie, beaux et en marge... Les passés incertains, les avenirs ...



























